Faire don de ses organes ou de son corps

La Belgique fait partie des pays les plus avancés en matière de don d’organes. Mais qu’implique donc un tel don, notamment pour les proches et les obsèques ? Qui est concerné ? Comment exprimer ses volontés à ce sujet ? 

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Faire don de ses organes ou de son corps

Le don du corps à la science

Le don du corps à la science ne doit pas être confondu avec le don d'organes. En effet, lorsque l’on décide de donner son corps à la science, on met en fait sa dépouille à disposition de facultés de médecine à des fins de recherche scientifique ou de formation (apprentissage des dissections pour les étudiants, par exemple).

Comment donner son corps à la science ?

Contrairement au don d’organes, tout le monde n’est pas considéré comme donneur par défaut. Si l’on souhaite donner son corps à la science, il faut exprimer sa volonté clairement et contacter une faculté de médecine. Certaines proposent même un formulaire à remplir. Sinon, vous pouvez simplement coucher votre volonté sur papier, de manière univoque, en signant votre « déclaration » et ensuite l’envoyer à la faculté de votre choix. En retour, celle-ci vous enverra un accusé de réception et une fiche à conserver afin que vos proches soient avertis de votre décision au moment de votre décès. 

Qu'est-ce que cela implique ?

Au moment du décès du donneur, ses proches iront le déclarer à la commune et fourniront également les documents attestant de la volonté du défunt. Tout ceci doit être effectué rapidement, car la dépouille doit être transférée dans les 48 heures. Pour que le corps soit accepté, deux conditions doivent être réunies :

  • Le décès doit avoir eu lieu en Belgique ;
  • Aucune autopsie ne doit avoir été demandée.

Évidemment, il s’agit bien d’un don, et non d’une « vente ». Ainsi, personne ne doit espérer une quelconque contrepartie financière en échange de la dépouille. En revanche, certaines facultés acceptent de supporter les frais d’inhumation (en tout ou en partie).

/!\ Il faut garder à l’esprit que l’inhumation du corps ne pourra avoir lieu qu’après que toutes les études aient été réalisées, soit parfois des mois ou des années après le décès. Par ailleurs, le jour de l’inhumation n’est pas forcément communiqué aux familles, seul le lieu où repose le corps l’est. 

Le don d'organes (ou d'autre matériel corporel humain)

Dans le cadre du don d’organes, ceux-ci ne sont pas mis à disposition de la science : ils sont prélevés afin de pouvoir être transplantés à des patients en attente d’une transplantation. Nous ne parlerons ici que du cas du don d’organes post-mortem, bien qu’il soit évidemment possible de donner certains de ses organes de son vivant.

Comment donner ses organes post-mortem ?

En Belgique, tout le monde est supposé donneur potentiel d’organes. Néanmoins, il est bien évidemment possible de s’y opposer ou, au contraire, de confirmer sa volonté. Cela peut se faire simplement en en informant ses proches (ou en l'indiquant sur son compte Morning Blue), mais aussi en enregistrant une déclaration au sein d’une base de données numériques, qui sera consultée avant tout prélèvement éventuel. Il est bien entendu possible de changer d’avis et de faire une nouvelle déclaration, qui annule automatiquement la précédente. Par contre, dans le cas où vous retirez une déclaration antérieure sans en rédiger de nouvelle, vous serez à nouveau considéré comme donneur potentiel.

Les types de prélèvement

Les organes donnés peuvent être utilisés à quatre fins différentes. Vous avez bien entendu la possibilité d’émettre des choix différents en fonction du type de prélèvement :

  • Le don d’organes à des fins de transplantation : un ou plusieurs organes (rein, foie, cœur, poumon...) seront prélevés afin d’être transplantés chez un patient en attente d’une greffe ;
  • Le don de matériel corporel humain (peau, cartilage, tendons, valve cardiaque...) à des fins de transplantation : à nouveau, le matériel corporel sera prélevé afin d’être greffé sur une personne dont l’état de santé le nécessite (greffe de peau pour un grand brûlé, par exemple) ;
  • Le don de matériel corporel humain destiné à fabriquer de traitements : le matériel prélevé servira à la recherche et à la fabrication de « thérapies innovantes », soit de nouveaux médicaments et traitements contre certaines maladies, par exemple des cancers ou la maladie d’Alzheimer ;
  • Le don de matériel corporel humain destiné à faire avancer la recherche médicale : le matériel prélevé, par exemple une tumeur, sera analysé afin de découvrir les causes d’une maladie et de proposer de nouveaux traitements. 

Qu'est-ce que cela implique ?

Comme pour tout décès, les proches devront aller le signaler à la commune, qui vérifiera alors si le défunt était donneur ou non. Si oui, le prélèvement sera effectué rapidement (généralement dans les 12 à 24 heures suivant le décès, tant que le sang est encore riche en oxygène) et le corps sera ensuite remis à la famille, qui pourra alors organiser les obsèques. D’ailleurs, le prélèvement est effectué suffisamment rapidement pour que la famille ne doive pas reporter la cérémonie. Une attention particulière est portée à l’apparence du défunt lors du prélèvement, afin qu’il soit présentable pour la mise en bière. 

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