Accompagner un enfant en deuil

Un deuil est généralement difficile à gérer pour n’importe qui. Nous avons alors souvent tendance à nous replier sur nous-même et à ignorer, malgré nous, ceux qui nous entourent. Qu’en est-il des enfants ? Perçoivent-ils la mort comme nous ? Comment vivent-ils un deuil et comment les aider à surmonter cette étape ? 

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Accompagner un enfant en deuil

Informer les enfants d'un décès

Tout d'abord, même si cela peut paraître difficile, il ne faut pas tenter d'éviter le sujet avec les enfants. Mieux vaut en parler ouvertement avec eux, en adaptant le discours selon leur âge, et en essayant de répondre à leurs questions (mais nous y reviendrons). En effet, une mauvaise gestion du deuil chez l’enfant peut avoir des répercussions néfastes et durables. Ainsi, il est essentiel de l’accompagner au mieux dans ce processus, tout en gardant à l’esprit que l’âge de l’enfant déterminera largement la manière dont il appréhendera la nouvelle. 

Les réactions de l'enfant et sa compréhension de la mort 

Les réactions de l’enfant à l’annonce d’un décès dépendront de différents facteurs, notamment :

  • Son âge ;
  • Son lien avec la personne décédée ;
  • Sa culture ;
  • Son niveau de connaissance ;
  • Son entourage.

Néanmoins, le facteur déterminant reste l’âge, car il conditionne aussi la compréhension que l’enfant aura de la mort. 

Quelle compréhension à quel âge ?

Dans les grandes lignes, nous pouvons dire que :

  • Un nouveau-né peut ressentir le deuil, non pas parce qu’il comprend la situation, mais par l’absence de quelqu’un qui avait l’habitude de s’occuper de lui ou au travers des émotions de ses parents (colère, tristesse...) ;
  • Entre 3 et 5 ans, l’enfant comprend la mort comme une séparation, mais ne se rend pas encore compte de son côté définitif. Généralement, les enfants de cet âge conçoivent le deuil grâce à des « pensées magiques », similaires à la phase de « marchandage » du deuil, où ils associent leurs actions à des conséquences, par exemple « Mamy est morte parce que j’ai été méchant / Si je suis gentil, Mamy reviendra » ;
  • Entre 6 et 8 ans, les enfants ont généralement assimilé le côté définitif de la mort et commencent à en comprendre la logique, donc à faire des déductions sur les raisons de la mort, les personnes qui pourraient mourir, etc. Certains enfants de cet âge peuvent alors se dire que si la grand-mère de leur ami est décédée, leur grand-mère, qui a le même âge, pourrait bientôt mourir elle aussi. Il est donc crucial d’accompagner ces enfants dans leur réflexion ;
  • Les enfants entre 9 et 11 ans ont compris le caractère irréversible de la mort. Généralement, ils sont également capables de comprendre la peine de leurs proches, donc d’essayer de les consoler ou de les protéger ;
  • Enfin, les adolescents confrontés au deuil risquent de se poser énormément de questions, d’ordre presque philosophique ou moral : Est-ce juste ? La vie vaut-elle la peine d’être vécue si l’on finit tout de même par mourir ?

Si vous voulez en savoir plus, les services sociaux québécois ont publié cette petite brochure, qui reprend les manifestations les plus courantes du deuil chez l’enfant selon sa tranche d’âge. 

Combien de temps dure le deuil chez l'enfant ?

Évidemment, il est impossible de prévoir la durée d’un deuil, chez n’importe qui d’ailleurs. En effet, elle dépend largement du lien que l’enfant avait avec la personne disparue. Il faudra donc se tenir prêt à le réconforter en cas de besoin pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. De fait, l’enfant ne sera sans doute pas en détresse tout ce temps, mais il devra apprendre à vivre sans ce proche et certains événements de la vie seront peut-être plus difficiles à vivre. Par exemple, certaines réunions familiales pourront faire remonter des souvenirs à la surface. Ou un enfant pourrait avoir du mal à vivre l’absence d’un parent décédé lors de sa remise de diplôme, même si le décès est survenu il y a des années. Dans ce cas, il faut simplement pouvoir accepter le cheminement et les émotions de l’enfant et lui apporter le soutien et le réconfort nécessaires quand il en a besoin.

Aider l'enfant à vivre son deuil

Lui dire la vérité

Les enfants se rendent vite compte qu’on leur cache quelque chose, même quand nous avons l’impression qu’ils ne peuvent pas encore comprendre. Ainsi, mieux vaut informer l’enfant du décès le plus rapidement possible, en utilisant des mots simples et adaptés à son âge. Par contre, évitez de comparer la mort au sommeil : en effet, si vous dites à votre enfant que quelqu’un s’est « endormi pour toujours », il pourrait avoir peur d’aller dormir. Pareil pour les comparaisons avec les « longs voyages ». N’hésitez pas à mettre des mots sur vos émotions - et sur les siennes – et à en discuter avec lui.

Répondre à ses questions

Après l’annonce, l’enfant risque d’avoir beaucoup de questions à poser, pour tenter de comprendre. Écoutez-les et essayez de lui répondre. Bien entendu, si la question est trop pesante, vous pouvez lui dire que vous lui répondrez plus tard (mieux vaut ça que de lui mentir), mais ne le faites pas attendre indéfiniment. Vous avez aussi le droit de lui dire que vous ne savez pas.

Si, au contraire, l’enfant se replie sur lui-même et ne parle plus, n’hésitez pas à lui poser des questions de vous-même, à lui parler de ses émotions, afin qu’il ne se fasse pas de fausses idées sur la mort. 

Lui proposer une aide extérieure

Si malgré tout, vous voyez que votre enfant semble avoir du mal à « vivre son deuil », vous pouvez lui proposer une « aide extérieure », qui peut prendre différentes formes :

  • Certains films, dessins animés ou livres permettent de discuter de la mort en douceur avec les enfants ;
  • Il existe également des carnets ou sortes de « journaux intimes » dédiés dans lesquels les enfants peuvent dessiner, exprimer leurs émotions sans forcément devoir en parler directement. De nos jours, ce type de carnets existe aussi sous forme d’applications, comme celle lancée par DELA ;
  • Selon l’âge de l’enfant, il est également possible de le faire participer à des groupes de parole spécifiques ou, éventuellement, de l’emmener voir un professionnel, à l’image d’un psychologue. 

Ne pas vous négliger vous

Évidemment, nous avons dit qu’il ne fallait pas mettre l’enfant à l’écart malgré soi pendant le deuil, mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse, à savoir vous effacer complètement et ne pas prendre de temps pour vous. Sachez également que tout comme vous êtes là pour votre enfant, lui saura aussi être présent pour vous.  

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