L'euthanasie en Belgique

La Belgique fait partie des rares pays européens à avoir dépénalisé l’euthanasie, qui reste un sujet tabou dans nos sociétés actuelles. Tour d’horizon le plus factuel possible de ce qu’est l’euthanasie et des conditions pour la demander, mais aussi de la situation dans d’autres pays, notamment la Suisse. 

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L'euthanasie en Belgique

Que recouvre réellement la notion d’euthanasie en Belgique ?

La Belgique fait partie des rares pays européens à avoir légalisé l’euthanasie, notion qu’il faut comprendre comme « l’acte de faire mourir intentionnellement une personne à la demande expresse de cette personne ». Évidemment, cela suppose de respecter certaines conditions (que nous détaillerons plus bas).

Il faut également savoir que l’euthanasie n’est pas un « droit » à proprement parler : cela signifie qu’une personne peut requérir l’euthanasie, mais elle ne peut pas l’exiger, et un médecin peut refuser de la pratiquer. De plus, il ne faut pas confondre l’euthanasie avec la sédation palliative, qui consiste à soulager la douleur d’un patient en phase terminale en le plongeant dans un sommeil profond, et ce, a priori, jusqu’au décès du patient.

Sous quelles conditions peut-on requérir l’euthanasie ?

En Belgique, l’euthanasie est réglementée par la Loi relative à l’euthanasie de 2002 (et celle de 2013 qui étend la possibilité de requérir l’euthanasie pour les mineurs), qui énonce les conditions suivantes (aussi appelées « critères de prudence ») :

  • L’euthanasie doit toujours être pratiquée par un médecin (qui aura suivi une formation en ce sens) ;
  • Le médecin doit avoir l’assurance que le patient est juridiquement capable (d’exprimer sa volonté), conscient et qu’il n’a subi aucune pression extérieure au moment de prendre sa décision ;
  • Le médecin doit avoir l’assurance que le patient souffre d’une pathologie incurable et que ses souffrances physiques et psychologiques sont insupportables, constantes et inapaisables ;
  • Le médecin doit requérir l’avis d’un second médecin, indépendant du patient et du médecin traitant. Si le patient n’est pas en phase terminale, un troisième médecin, spécialiste de la pathologie, doit être consulté ;
  • Au moins un mois doit s’écouler entre la demande du patient et l’euthanasie (si le patient n’est pas en phase terminale).

En Belgique, depuis 2013, les mineurs ont également le droit de requérir l’euthanasie, à condition d’être juridiquement capables, mais ne peuvent pas, contrairement aux adultes, demander l’euthanasie en raison de graves problèmes psychiques. Lorsqu’un mineur demande l’euthanasie, un psychiatre ou un psychologue sera mandaté pour évaluer que le jeune appréhende correctement les conséquences de sa demande.

Le médecin est-il obligé de pratiquer l’euthanasie ?

Non, même si toutes les conditions sont « remplies », un médecin peut refuser de pratiquer l’euthanasie. Par contre, il est alors obligé de transmettre le dossier et la demande du patient à l’un de ses confrères.

La déclaration anticipée relative à l’euthanasie

Il est également possible de demander l’euthanasie « préventivement » dans le cas où l’on serait plongé dans un coma irréversible. Cela permet à un patient encore capable d’exprimer sa volonté de préciser en amont s’il souhaite être euthanasié en cas de coma irréversible (et seulement dans cette situation précise). Pour ce faire, la personne concernée peut télécharger la déclaration anticipée relative à l’euthanasie et la remplir, puis la faire cosigner par deux témoins. Cette déclaration peut être enregistrée gratuitement à la commune, afin de rendre son existence publique. En revanche, elle doit être renouvelée tous les cinq ans pour rester valable !

L’euthanasie et la fin de vie dans d’autres pays

Avec les Pays-Bas et le Luxembourg, la Belgique fait partie des rares pays en Europe à avoir dépénalisé l’euthanasie. En Suisse, on ne parle pas réellement d’euthanasie, mais de « suicide assisté ». En effet, la démarche n’est pas prise en charge par des médecins, mais par des associations, et c’est le patient qui s’administre lui-même le produit létal (qu’il peut se procurer sur ordonnance d’une médecin). De plus, la personne qui choisit d’y recourir ne doit pas forcément être en phase terminale, mais doit pouvoir prouver sa capacité de discernement.

La capsule Sarco

En Suisse toujours, un inventeur et ancien médecin australien, Philip Nitschke, a ainsi mis au point une innovation censée « faciliter » ce suicide assisté. Il s’agit en fait d’une capsule dans laquelle s’allonge la personne qui désire mettre fin à ses jours. Une intelligence artificielle lui pose alors des questions pour vérifier « sa capacité mentale à faire le choix du suicide assisté ». Ensuite, le patient peut lui-même « déclencher » le mécanisme en appuyant sur un bouton, qui va libérer de l’azote dans la capsule, ce qui va endormir le patient puis entraîner sa mort par privation d’oxygène en quelques secondes seulement. Si cette innovation reste controversée à l’heure actuelle, elle est saluée par certains, qui estiment qu’elle rend la liberté aux patients d’opérer leurs choix en leur âme et conscience, sans subir de pression médicale. 

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