Faire le choix de funérailles « vertes »

Changements climatiques, phénomènes météorologiques extrêmes, fonte de la banquise… Les préoccupations écologiques sont sur toutes les lèvres… Les solutions, ou du moins, propositions de solutions, foisonnent elles aussi : mode de vie « zéro déchet », électrification des véhicules ou retour à une consommation locale et raisonnée. Au point que certains vont désormais jusqu’à proposer des « funérailles vertes ». Que vous souhaitiez rester écolo jusqu’au bout ou simplement faire un petit geste supplémentaire pour la planète, voici quelques options qui peuvent s’offrir à vous.

L’inhumation et la crémation, ça pollue ?

Il faut savoir que l’inhumation et la crémation, les deux seuls types de funérailles autorisés en Belgique à l’heure actuelle, sont relativement polluants. D’une part, la crémation est gourmande en énergies fossiles, notamment l’essence, et rejette du CO2 ainsi que des dioxines dans l’atmosphère. De l’autre, l’inhumation nécessite d’importantes quantités de bois (pour fabriquer les cercueils) et les composés chimiques utilisés pour la conservation des corps finissent par s’infiltrer dans les sols et les polluer. En outre, les cimetières eux-mêmes ont des conséquences sur l’environnement.

 

Quelles seraient les alternatives ?

Bien entendu, le type de funérailles souhaité est un choix très personnel, influencé par de nombreux facteurs. C’est également ce qui explique que certains souhaitent pouvoir opter pour des solutions plus écoresponsables. Encore à l’étude (donc pas encore autorisés en Belgique), voici quelques modes de sépulture mis au point dans d’autres pays.

 

L’humusation

Ce processus se fonde sur celui du compost : la dépouille retourne « véritablement » à la nature en se transformant en compost. Ainsi, le corps serait complètement transformé en un an environ. La famille pourrait alors en récupérer une part symbolique si elle le souhaite. En Belgique, un centre pilote dédié à l’humusation doit normalement voir le jour à Nassogne. En effet, le recours éventuel à cette technique nécessitera quelques adaptations techniques, tout comme des révisions légales.

 

L’aquamation et la résomation

Ces deux solutions, plus faciles à mettre en place, utilisent de l’eau et une solution alcaline au lieu du feu de la crémation. Néanmoins, pour les proches, les processus s’avèrent relativement semblables vu qu’ils récupèrent une urne contenant les restes du défunt. Par contre, l’aquamation et la résomation présentent l’avantage de consommer nettement moins d’énergie et de ne pas rejeter de polluants.

 

La promession

Cette technique consiste à transformer le corps et le cercueil en une poudre inodore et stérile grâce à un processus en plusieurs étapes. Cette poudre (entre 25 et 30 kilos) est ensuite placée dans un plus petit cercueil, biodégradable, ce qui favorisera une décomposition rapide.

 

Et en attendant ?

Comme expliqué précédemment, il faut encore que ces pratiques funéraires soient étudiées et acceptées chez nous. En attendant, si vous souhaitez opter pour des funérailles plus écologiques, vous pouvez déjà faire quelques petits pas en ce sens.

 

Un cercueil écologique

Ces dernières années, les entreprises de pompes funèbres ont tendance à délaisser les traditionnels cercueils en bois et à privilégier des solutions plus écoresponsables. En outre, il faut savoir qu’en Wallonie, en cas d’enterrement en pleine terre, le cercueil (tant l’extérieur que l’intérieur) doit être composé de matériaux naturels biodégradables. Les cercueils en osier ou en carton sont d’ailleurs désormais autorisés. On peut ainsi faire le choix d’un cercueil en bois (massif et non en MDF), en osier, en carton (à décorer éventuellement) ou d’un simple linceul, en matière 100 % naturelle. D’autres solutions créatives voient également le jour, comme les cercueils à base de champignons ou de canne à sucre.

 

Une urne verte et biodégradable

Il est également possible de choisir des urnes en bois recyclé, en argile ou en végétaux plutôt qu’en marbre ou en céramique. De plus, s’il est prévu que l’urne soit enterrée, elle doit être biodégradable. Vous pouvez également opter pour une « urne-arbre » : des graines sont placées dans l’urne et les cendres permettent alors à un arbre de croître, une réincarnation très symbolique.

 

Un corps prêt pour le retour à la nature

Enfin, il est toujours possible de « préparer » la dépouille de manière plus naturelle, par exemple, en refusant les traitements censés permettre une meilleure conservation du corps (ce qui impliquera sans doute le choix d’un cercueil fermé et non ouvert lors de la cérémonie) ou en habillant le défunt avec des vêtements en matière naturelle et biodégradable (coton ou lin plutôt que synthétique). À nouveau, tous ces éléments renvoient à des choix personnels. Ainsi, si vous souhaitez que des dispositions « écologiques » soient prises lors de vos funérailles, n’hésitez pas à les prévoir par écrit en amont, notamment grâce au Passeport Morning Blue, afin que vos proches puissent en être informés.